La France face au syndrome MILA

Mila est enfin retournée au lycée. La jeune Iséroise de 16 ans n’avait, jusque début février, plus mis les pieds dans son établissement scolaire depuis l’avalanche de menaces de mort dont elle est victime, faisant suite à ses propos critiques sur l’Islam. Une situation qui interpelle alors que la critique de la religion est un droit constitutionnel dans notre pays, quelle que soit la religion ciblée.

Le mois dernier, notre édito d’INFOLIGUE invitait nos adhérents à s’interroger sur la question de la liberté de la presse, et bien au-delà, de la liberté d’expression, 5 ans après les attentats contre Charlie Hebdo de 2015.

Depuis plusieurs semaines, Mila, une jeune lycéenne est déscolarisée, pour cause de menaces de mort suite à ses propos critiques sur, mais pas nécessairement contre, une religion. Si l’adolescente de 16 ans n’a pas été exfiltrée de son lycée, elle n’est pourtant pas en capacité de réintégrer son établissement scolaire … ni aucun autre.

Après avoir ouvert une enquête pour « provocation à la haine raciale » à son encontre, le parquet de Vienne a finalement classé cette procédure sans suite le jeudi 30 janvier. Le même jour, la Ministre de la Justice reconnaissait avoir commis une maladresse en déclarant qu’insulter une religion était « une atteinte à la liberté de conscience ». Trop tard, le processus de buzz s’était déjà enclenché.

Février 2020, en plein mouvement contre la réforme des retraites et alors que la question du Corona virus contribue à tendre progressivement l’opinion public, voilà qu’à nouveau la France s’interroge sur une question épidermique liée à son rapport au religieux, et notre société semble butter sur la notion de Laïcité.

A nouveau, il convient d’alerter face à ces réactions en chaîne, inquisition de jeunes gens mis aux piloris par des bien penseurs, doublé d’un déferlement systématique de haine sur les réseaux sociaux, sous couvert d’anonymat.

Le racisme qu’est-ce que c’est ? (…) C’est la mise en question des personnes pour ce qu’elles sont. Mais ce n’est pas la mise en question de la religion. On a le droit (…) d’être athéophobe, comme on a le droit d’être islamophobe, en revanche, on n’a pas le droit de rejeter des hommes et des femmes parce qu’ils sont musulmans”, a expliqué le philosophe Henri Peña-Ruiz.

Pourtant pas d’amalgame, nous condamnons les discours de haine qu’ils soient antisémites, anti-immigration, anti-islam, antiféministes, anti LGBT… Mais, nous invitons à la mesure et à défendre pour chacun la liberté d’expression. Critiquer le « sacré » n’est en rien un crime.

Force est de constater qu’en France, en 2020, une jeune femme puisse encore devenir le bouc émissaire et l’objet de curiosité de toute une frange de la classe médiatique et politique.

Attention aux dommages, alors qu’on livre une mineure en pâture aux médias et haters, qu’on dévoile son orientation sexuelle au grand jour, passe au crible ses qualités et défauts, analyse son apparence ou ses aspirations … n’est-ce pas une forme d’inquisition ou une démarche qui rappelle des méthodes fascistes et totalitaristes ? Comme un drôle d’écho au traitement réservé à la jeune Gréta Thunberg, égérie de la jeunesse mobilisée contre le changement climatique et poil à gratter des Gouvernants et des géants économiques mondiaux.

Nous rappelons que partout en France il est possible de critiquer ou d’insulter une religion, ou toute autre croyance et conviction philosophique ou politique, sans encourir de poursuites. Une garantie de liberté d’expression notamment assurée par les articles 10 et 11 de la Constitution française.

Bruno VERBEKEN
Président de la Fédération du Nord

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