Plan de relance et vie associative le compte n’y est pas !!!

Un plan de relance de 100 Milliards a été annoncé par le ministre de l’économie portant sur trois axes : l’écologie, la compétitivité et la cohésion.

Il ambitionne une « refondation économique, sociale et écologique du pays ».

Sur ces 100 Milliards, seulement 1,3 Milliards seront fléchés sur l’Economie Sociale et Solidaire qui représente pourtant 10 % du PIB et 13 % des emplois en France [i].

100 millions d’Euros (soit 66 euros par association et 0,1 % du plan de relance) viendront soutenir les 1,5 Millions d’associations actives en France animées par 13 millions de bénévoles[ii]. On l’oublie souvent mais ces dernières génèrent près de deux millions d’emplois qui représentent 10 % de l’Emploi privé en France.

Par essence le but des associations n’est pas lucratif, elles n’ont donc pas vocation à faire du bénéfice et à le redistribuer à des actionnaires ; pour autant elles créent de l’activité et de l’emploi.

Si le plan de relance ambitionne de préserver l’activité et l’emploi ce ne serait donc pas 100 millions d’euros qu’il faudrait dédier à la vie associative mais 10 Milliards.

Il nous faudra donc être vigilant à l’utilisation des moyens dédiés à ce plan de relance. Ceux-ci ne doivent pas être captés par les seuls investisseurs pour augmenter leur rétribution et la rentabilité comme cela a été le cas pour le CICE qui n’aura finalement créé que 100 000 emplois en cinq ans pour un montant cumulé équivalent[iii].

Qu’on se le dise, si ces moyens avaient été confiés à la vie associative, ils auraient permis de créer autant d’emplois avec une utilité sociale avérée.

Investir dans la vie associative permet donc à la fois de créer de l’emploi, mais aussi des services qui développent le bonheur intérieur brut.  Ceci trouvera parfaitement sa place dans deux des axes définis par le plan de relance (l’écologie et la cohésion) qui trouveront une possibilité d’aboutir. En effet, en temps de crise ou en temps normal, qui s’occupe des plus démunis ? Qui permet l’accès de tous à l’éducation, à la culture, aux loisirs ? Qui promeut un développement économique vertueux en respectant des filières courtes et en ne délocalisant pas son activité ?

En Hauts -de-France on compte 97 600 associations, dont 10 155 qui ont créé 197 569 emplois, soit 10,5 % des emplois de notre région.[iv]

Dans notre département, nous représentons 800 associations, 50 000 adhérents et plus de 300.000 bénéficiaires. Notre réseau représente un chiffre d’affaire cumulé estimé à 35 Millions d’Euros et près de 3.500 emplois.  Plus de 5.000 bénévoles dans notre réseau s’activent au quotidien pour que la cohésion sociale soit une réalité. On a pu particulièrement s’en rendre compte pendant le confinement quand ils maintenaient le lien social et la solidarité en collectant de la nourriture pour la redistribuer à ceux qui vivent habituellement de mendicité, en créant des vidéos pour conter des histoires aux enfants des cités, en organisant les courses pour les personnes âgées ….

Il y a une vraie urgence à ce que cet engagement soit reconnu et valorisé. Le bénévolat ne mérite pas que des médailles, il nécessite des moyens !

 

Bruno VERBEKEN
Président de la Fédération du Nord

 

[i] Source : https://www.vie-publique.fr/eclairage/273129-less-economie-sociale-et-solidaire-un-modele-economique-alternatif
[ii] https://injep.fr/wp-content/uploads/2019/07/Chiffres-cles-Vie-associative-2019.pdf
[iii] https://www.lesechos.fr/economie-france/conjoncture/le-cice-a-cree-un-peu-plus-de-100000-emplois-en-cinq-ans-1243080
[iv] https://www.orva.fr/wp-content/uploads/2020/09/rapportfinalv1-1.pdf

 

 

 

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