Réduire la pauvreté

Le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile (…) gardez-vous d’écouter cet imposteur ; vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous, et que la Terre n’est à personne.
Rousseau discours sur l’origine de l’inégalité entre les hommes

164 000 foyers supplémentaires vont toucher le RSA cette année suite à la crise du COVID 19.  10 Millions de pauvres en France, soit 15% de la population … c’est énorme !

Combien de pauvres supplémentaires compterons-nous dans les prochaines années avec la pandémie et ses effets destructeurs sur l’économie ?

Le fait que nous soyons la 6ème puissance économique mondiale et la 2ème en Europe devrait nous interroger sur notre capacité à éradiquer la pauvreté d’autant que nous en avons largement les moyens.

Rien n’a jamais « ruisselé » comme prévu …

Il faudrait pour cela un courage politique qui contraigne à une plus juste répartition des plus de 2 400 Milliards d’euros que nous produisons chaque année en France.

Si la répartition des richesses et la lutte contre la pauvreté n’est pas d’actualité, nous saluons tout de même l’initiative du gouvernement d’avoir fourni une aide exceptionnelle aux bénéficiaires du RSA en ces temps difficiles.

Peu importe que cela nous coute « un pognon de dingue », l’éradication de la pauvreté doit être un combat de notre société au même titre que la propagation du COVID 19.

S’il s’agit d’un état (la pauvreté) dans lequel certaines personnes se situent, il ne faut pas oublier les conséquences néfastes qu’il peut engendrer sur l’être humain. La souffrance mentale et la consommation de psychotropes voire l’addiction et la dépendance font partie des difficultés que les pauvres subissent. Tout comme la malbouffe et ses conséquences désastreuses sur la santé !

Ce sont aussi des violences familiales liées à l’altération de l’état psychologique, des difficultés pour des enfants qui n’ont pas de conditions satisfaisantes pour étudier et qui finissent par se retrouver à l’âge adulte dans des conditions similaires à celles qui les ont précédés suite, souvent, à un décrochage scolaire.

Dans notre région, cette situation est dramatique. Nous sommes particulièrement concernés par la pauvreté avec 1 Million de personnes pauvres pour un taux de 18,3%, un surendettement important, des difficultés à payer les factures de chauffage, un taux de chômage supérieur de 2 points à la moyenne nationale, et un taux d’illettrisme supérieur de 4 points (11% en Hauts de France alors qu’il est de 7 % nationalement).

Des associations font un travail considérable pour amortir les conséquences de cette violence sociale qui laisse de côté une partie importante de notre population. Elles agissent pour réduire les violences familiales, accompagner les souffrances liées aux addictions, distribuer des colis alimentaires, collecter des vêtements et des meubles pour les redistribuer … elles travaillent ainsi pour que chacun puisse habiter dignement notre pays

Nous vivons des temps douloureux qui doivent nous faire prendre conscience que la solidarité établie par les associations pour compenser les manques ne peut être suffisante. L’état doit désormais assumer son rôle et mettre des moyens conséquents pour penser l’être humain au cœur d’un futur que nous devons créer collectivement en dépassant les inégalités que la crise sanitaire rend encore plus criantes.

Il nous faut réinventer un modèle et agir sur les causes de la souffrance un peu comme ces mots tirés d’un rapport remis au gouvernement en 2018 qui exprimait la nécessité « d’inventer l’État providence du XXIe siècle ».

Celui-ci devra nécessairement traiter la souffrance induite par la pauvreté et ainsi sortir du schéma qui voudrait que le pauvre soit coupable, contrairement à beaucoup de réalités qui voudraient qu’on ne naisse pas raciste, par exemple, mais qu’on le devient.

Pour la pauvreté c’est différent, beaucoup naissent pauvres … et le demeurent.

Une première réponse à ces fatalités pourrait être la mise en place d’un revenu universel, qui ne serait pas une allocation, et qui reconnaitrait l’existence de chacun.

Nous pouvons d’ores et déjà repenser les dynamiques territoriales et augmenter le lien social en soutenant des initiatives collectives créatrices d’emplois dans le domaine de l’économie sociale et solidaire afin de réduire la fracture sociale qui touche notre pays.

Nous avons surement beaucoup pensé, il est urgent d’agir !

 

Bruno VERBEKEN
Président de la Fédération du Nord

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