Le rôle des organisations syndicales constitue en la défense des intérêts professionnels des personnels. Chaque organisation syndicale de fonctionnaires légalement constituée au sein du ministère de l’éducation nationale et de la jeunesse dispose au niveau national d’outils pour communiquer avec les personnels.

Nous sommes donc allés à la rencontre de ces syndicalistes, portes-paroles d’une profession très concernée par cette rentée et au feu depuis depuis mi-mars.

C’est Nicolas PENIN, Délégué Régional Hauts-de-France UNSA éducation, qui a répondu à nos questions.

 

Nicolas PENIN, DR UNSA éducation HDF

Ligue 59 – Comment percevez-vous la remise en route de l’école, et le déconfinement qui s’enclenche dès lundi ?

L’annonce du Président de La République du déconfinement des écoles au 11 mai a été suivie par un grand nombre d’annonces, et d’informations diverses voire contradictoires. Force est de constater que le calendrier n’a pas pris en compte tous les paramètres techniques qu’il y avait à mettre en place pour les écoles.

N’aurait-il pas fallu décaler le déconfinement des écoles par rapport aux reste du pays ?, n’aurait-il pas fallu quelques jours supplémentaires pour que les mairies, les équipes pédagogiques et d’encadrement soient prêtes.

Certainement. Pour nous, la réouverture des écoles n’est pas une question. La vie sociale doit reprendre mais de manière progressive et sécurisée.

L’argument d’une réouverture au nom des élèves  décrocheurs ou en difficulté est décevant. Car si ces élèves existent bel et bien, comme ils existaient avant la crise sanitaire, c’est un processus bien plus complexe auquel nous nous attachons aujourd’hui.

Lundi 12 mai, peu d’élèves retrouveront l’école, et ils la retrouveront dans des conditions particulières. Les élèves doivent retrouver peu à peu leurs murs, leurs tables et leurs chaises mais surtout pour réapprendre à vivre, à sortir, à échanger, et à se familiariser avec des gestes rigoureux qui devront encore être appliqués très probablement toute l’année 2020 a minima.

 

Ligue 59 – Comment les enseignants y réagissent ?

Les enseignants, comme tous les personnels, et comme les élèves en très grande partie, ont hâte de reprendre le chemin de l’école. Mais ils ne le veulent pas à n’importe quelles conditions.

Dimanche 10 mai, des écoles seront encore livrées en matériel de protection. Toute cette précipitation est génératrice de stress, d’angoisse, en plus de la peur de la contagion. Les enseignants veulent que leurs élèves soient en sécurité, ils veulent être aussi en sécurité. La réouverture aurait pu se faire bien plus tard, et mieux préparée.

Les personnels, comme un grand nombre de travailleurs français, sont fatigués, de ces semaines en télétravail. Ils ont eu à gérer rapidement une mise en confinement, un télétravail généralisé sans consignes claires.

Le bon sens, et la conscience professionnelle des professeurs comme des autres personnels ont permis de réussir ce confinement du mieux possible. Ils veulent réussir une nouvelle étape mais pas à n’importe quel prix !

 

Ligue 59 – Sont-ils associés au processus ?

Ils sont associés en ce sens où ils doivent mettre en place un processus sanitaire longtemps attendu. Le processus de déconfinement a été connu le lundi 4 mai, et la plupart des écoles auront 24h pour mettre en place sa réalisation.

 

Ligue 59 – Quels sont vos points de vigilance ?

La sécurité des personnels et des élèves. Des personnels sont fragiles, ou certains membres de leurs familles, et ils resteront en travail à distance.

Nous serons vigilants sur les conditions de sécurité qui doivent être totales. Dans le cas contraire, nous alerterons et nous mettrons en sécurité.

Cette crise a prouvé le lien de confiance fort qui existait entre les élèves et leurs enseignants.

Les enseignants, eux, n’ont plus confiance en leurs responsables politiques, le ministre de l’éducation nationale en tout premier lieu. Sans confiance, il est difficile de croire, et cette confiance ne reviendra pas.