Éduquer à l’éco-citoyenneté (pendant et après le confinement)

Pendant toute la durée du confinement, chaque semaine, la Ligue de l’enseignement du Nord et du Pas-de-Calais partagent des publications autour des différentes opportunités éducatives et pédagogiques que nous offre cette période. En nous appuyant sur les actualités, en lien avec le COVID 19, l’idée est de s’en servir de point de départ d’une mise en perspective pédagogique avec nos enfants et jeunes à la maison ou en structure éducative encore active.

Troisième numéro de ce dossier : Éduquer à l’éco-citoyenneté

Le COVID 19 est un symptôme de la crise écologique

Il est important de rappeler le lien direct entre cette pandémie et les activités humaines qui bouleversent l’environnement dans lequel vivent les animaux sauvages. Selon le chercheur Philippe GRANCOLA par exemple, c’est la destruction accélérée des milieux naturels qui favorise les contacts entre les populations humaines avec de nouveaux agents pathogènes, dont certains animaux sauvages sont les réservoirs.

Le lien entre l’émergence du Coronavirus et la crise écologique est pour le moment un thème assez largement dans l’angle mort du traitement médiatique, principalement focalisé sur les conséquences de l’épidémie mondiale. Pourtant, la résurgence des virus qui mettent en danger la vie des Hommes est une des conséquences du changement écologique, déjà depuis plusieurs décennies :

• En 2002 déjà, l’apparition du SRAS, syndrome respiratoire aigu sévère, était issu de la combinaison de virus d’une chauve-souris et d’un autre petit mammifère carnivore

•L’épidémie du Sida présente une trajectoire analogue : une contamination de primates, puis une transmission à des centaines de millions de personnes.

•Une chaine de transmission animal-homme est également à l’origine de l’émergence du virus Ébola, qui fait un peu moins peur parce qu’aujourd’hui son rayon d’action est limité à quelques zones endémiques.

Nous savons donc aujourd’hui que la pandémie de COVID 19 que nous connaissons, n’est pas qu’un problème médical. L’émergence de ces maladies infectieuses correspond à l’emprise grandissante des Hommes sur les milieux naturels. La déforestation, l’altération de la biodiversité, le déséquilibre des grands écosystèmes, mettent en péril nos existences et nous rappelle à notre condition.

La prise de conscience environnementale

Les nombreuses crises environnementales de ces dernières décennies ont contribué́ à une prise de conscience sur la fragilité des écosystèmes :

Le processus a été initié dès la fin des années 1960 avec la multiplication des marées noires (ERIKA en 1999 en France). En 1986, la catastrophe de Tchernobyl, liée à l’explosion d’un réacteur nucléaire, a souligné́ la dangerosité́ de cette technologie quand elle n’est pas strictement encadrée.


Points de repères 

La série « Points de repères », intégralement disponible sur le site internet de la chaine franco-allemande Arte, revisite l’Histoire sous un angle original et ludique. Catastrophes, révolutions ou bonds technologiques, les plus grands bouleversements ont souvent été provoqués par des décisions ou événements à priori insignifiant. À partir de la même question préalable – “Et si cet événement n’avait pas eu lieu ?”, cette série est formidable dans sa capacité à nous rappeler que ce sont les individus qui ont le pouvoir d’agir sur leurs destinées et d’en modifier collectivement la trajectoire.

Un des épisodes de la série est justement consacré à la compréhension de la catastrophe de Tchernobyl, et de l’aléa humain aux prises avec cet évènement majeur de l’histoire récente européenne. On peut donc profiter du confinement pour revisiter cet épisode avec ses enfants, et pourquoi pas, parcourir le reste de cette série originale :

https://www.arte.tv/fr/videos/063614-006-A/points-de-reperes/


Citons aussi des catastrophes comme celle de Bhopal (en 1984) où un nuage toxique a survolé une région de l’Inde ou Seveso ont montré́ la dangerosité́ des activités industrielles. Plus récemment de grandes catastrophes climatiques ont rappelé́ la vulnérabilité́ des pays industrialisés comme des États en développement.

En 2005, les États-Unis ont été frappés par l’ouragan Katrina qui a ravagé la Nouvelle- Orléans. Cet évènement a eu une importance considérable montrant que la plus grande puissance du monde n’était pas à l’abri des phénomènes climatiques. En France la canicule de 2003, qui a provoqué́ la mort d’environ 15 000 personnes, aura exercé́ le même effet sur les consciences, sans modifier pour autant les comportements.

La nécessaire prise de conscience écologique s’est donc faite par phases et n’a pas encore véritablement conduit à un changement des modes de vie qui permettrait de modifier la trajectoire. La pandémie de COVID 19 est une occasion, d’explorer les différents éléments de la crise environnementale que nous vivons.

Élément Terre

Ce que nous appelons l’élément Terre de la crise environnementale, vise à appréhender, à la fois l’impact des activités humaines sur son environnement immédiat mais aussi, les interconnections qui nous lient à la biodiversité.

On peut pour cela, par exemple, se plonger dans le très complet magazine « Comprendre la biodiversité », réaliser par la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme. Totalement gratuit et en ligne, Ce livret pédagogique de 20 pages regroupe de manière ludique et accessible à tous, les informations clés permettant de comprendre la biodiversité, à quoi elle sert et les menaces qui pèsent sur elle.

http://www.fondation-nature-homme.org/magazine/comprendre-la-biodiversite/

Élément Feu

 Dans une démarche de prise de conscience écologique chez les enfants et les jeunes, il s’agit aussi de creuser la question du mécanisme – causes et conséquences du réchauffement climatique. Beaucoup de ressources sont accessibles en ligne, nous citerons ici uniquement une seule pour ne pas trop se perdre dans ce paysage numérique : la vidéo de 4 minutes réalisée par l’Agence de la Transition écologique (ADEME), et qui reprend l’explication du phénomène et développe les pistes d’actions possibles pour enrayer l’emballement du réchauffement :

 

Élément Eau

L’une des conséquences du réchauffement climatique est aussi d’altérer le cycle de l’eau dans certaines régions du globe. Soit la sécheresse est plus importante ce qui d’épuise les ressources d’eau profondes. Les populations exposées doivent alors recourir aux eaux de surface qui sont insalubres et qui aujourd’hui déjà met en danger un nombre important de personnes sur la planète. Soit à l’inverse, les précipitations accrues dans certaines régions du monde mettent à mal les installations de traitement de l’eau (stations d’épuration) qui répandent les matières fécales et conduisent à une augmentation des maladies véhiculées par l’eau comme le choléra et la diarrhée.

Le réchauffement climatique n’impacte pas seulement la ressource en eau salubre, il favorise aussi les maladies liées à l’eau comme le paludisme ou la dengue qui voient leur zone géographique s’élargir.

Mais évidemment, le sujet auquel nous sommes plus familiers est celui de la montée des eaux, qui a déjà commencé à impacter certaines régions du monde. Difficile à appréhender car, ce phénomène ne nous touche pas (encore) directement en France, le GIEC a publié un certain nombre de cartes qui anticipent ce qui pourrait advenir d’ici à 2050, si le réchauffement climatique n’est pas limité. Les cartes sont à retrouver sur le site Internet de l’Agence européenne pour l’environnement : https://experience.arcgis.com/experience/5f6596de6c4445a58aec956532b9813d

Élément Air

 Un des impacts de l’activité humaine, particulièrement de l’activité industrielle et des moteurs à combustion, c’est l’air polluée de nos villes par la concentration et l’intensité de ces activités. Cet air dégradé nous expose à des risques sanitaires, notamment l’augmentation du nombre de maladies respiratoires.

 

Un des éléments positifs inédit de la pandémie et de ses conséquences : l’air que l’on respire est de meilleure qualité depuis le début du confinement. Ainsi les photos publiées par la NASA, nous permette de prendre rapidement conscience de notre capacité à organiser notre économie, de manière à nous asphyxier, au premier sens du terme !

Ces photos impressionnantes sont à retrouver sur le site de la revue Géo : https://www.geo.fr/environnement/le-coronavirus-fait-chuter-la-pollution-en-chine-selon-des-images-de-la-nasa-200108

Élément Ciel

 « De l’espace, la fragilité de la Terre est très visible. La Terre est un oasis dans un océan de rien du Tout » Ces mots de Thomas PESQUET, spationaute, prononcés pendant son voyage à bord de la station spatiale internationale, nous invite à prendre de la hauteur pour comprendre le caractère exceptionnel de cette planète qui nous accueille.

Jamais un homme dans l’espace n’avait partagé autant d’images de la Terre. A raison d’une dizaine de tweets en moyenne pendant près de six mois et demi, Thomas Pesquet a montré tous les jours au monde entier ce qu’il voyait depuis la Station spatiale internationale (ISS). Des milliers de photos postées sur les réseaux sociaux dont France culture a fait une sélection à parcourir encore et encore pendant le confinement : https://www.franceculture.fr/sciences/la-terre-vue-de-lespace-les-50-photos-de-thomas-pesquet-les-plus-partagees

Pour Rappel La revue Ciel et espace propose une série d’articles (également disponible sur son site internet) pour nous proposer de nous évader par l’œil et l’esprit grâce à l’observation du Ciel. Même si nous vivons en ville, il y a des choses à voir en cette période intéressante où l’on peut assez facilement observer Vénus, évidemment l’astre des nuits, la Lune, mais aussi un groupe d’étoiles brillantes (les Pléiades) à proximité de Vénus qui s’observe facilement en ce moment. Outil à retrouver dans notre article précèdent : Apprivoiser les écrans et les médias sociaux pendant le confinement

Sobriété Numérique

Il arrive que certains mots nous trompent. C’est le cas du mot « dématérialisation » lorsqu’on parle du développement des technologies numériques dans notre société. En réalité, lorsque l’on prend la peine de suivre les fils conducteurs – on comprends que chacun de nos gestes numériques quotidien – regarder la télévision via sa Box ADSL, partager ses photos sur les réseaux sociaux, regarder une vidéo sur les plateformes de streaming – se traduit par des impacts environnementaux considérables.

A l’échelle mondiale, la somme de cette consommation est massive, elle représente l’année dernière, plus de 5% du total des émissions de gaz à effet de serre, mais la dynamique marque une forte augmentation ces dernières années.

A l’heure où est écrit cet article :

  • Plus de 4 milliards 500 millions de personnes qui ont un accès à Internet
  • Plus de 171 milliards de mails ont été envoyés aujourd’hui
  • Plus de 5 milliards de vidéos ont été visionnées sur You Tube
  • L’utilisation d’Internet a généré plus de 4 millions de tonnes de CO2

Vous pouvez faire cette expérience peut-être pour entamer cette prise de conscience en visitant cette page qui donne les chiffres en temps réel concernant notre consommation numérique : https://www.internetlivestats.com/

Quelques actions possibles pendant le confinement

 1/ Changer son moteur de recherche et adopter Ecosia

Aider la planète, et en particulier lutter contre la déforestation en faisant des recherches en ligne, c’est la promesse du moteur de recherche allemand Ecosia. L’entreprise reverse de l’argent à des programmes de plantation d’arbres dans seize pays, menés par des organisations locales (Brésil, Burkina Faso, Colombie, Espagne, Éthiopie, Ghana, Haïti, Indonésie, Kenya, Madagascar, Maroc, Nicaragua, Ouganda, Pérou, Sénégal, Tanzanie). L’entreprise a choisi de se concentrer sur les « zones critiques de biodiversité », des espaces menacés qui abritent énormément d’espèces végétales. L’entreprise revendique plus de 80 millions d’arbres plantés depuis sa création. https://www.ecosia.org/?c=fr

2/ En profiter pour initier une démarche zéro déchet à la maison

On peut aussi profiter de ce temps que nous offre la période de confinement pour feuilleter le livret « Les Héros du Zéro Déchet », à destination des enfants. Un livret pédagogique, très ludique, réalisé par L’association Zero Wast France qui partage à travers ce document des gestes simples que les enfants peuvent s’approprier : https://www.zerowastefrance.org/publication/livret-enfants-les-heros-du-zero-dechet/

3/ Observer la nature autour de soi

La Ligue de protection des oiseaux a entrepris de proposer une sélection d’activités pour observer la biodiversité qui nous entoure, à faire chez soi, sur un balcon ou dans un jardin, seul ou en famille, et ce autant que durera cette période de confinement. Rendez-vous sur les réseaux sociaux (FacebookTwitterInstagram) pour retrouver chaque jour de nouvelles activités en faveur de la biodiversité avec la LPO !  https://www.lpo.fr/actualites/avec-la-lpo-la-nature-s-invite-chez-vous